J’inspire mon rêve comme je respire son amour. Doux et lent comme toujours, je ne suis pas de celles qui courent
Vite ! Emportée par la foule et mes envies je foule le plancher de mes pieds
Nus comme sont les vers de ce poème rampant jusqu’à sa moelle osseuse
J’ose des tourments moelleux le vent
Dans les ailes filant, tissant le début d’une folle aventure de sons
Gravés sur un papier mâché je ne mâche pas mes mots quand il s’agit de t’aimer
Sur le papier ou dans les champs de blé les épis
Et puis crayonner au gré de la vie les courbes de lignes sans pointillés
Le pas est lourd et marqué quand il s’agit de t’aimer je n’hésite pas
De doute c’est bien toi que j’aperçois
De tous ceux qui chantent des promesses transparentes
Soit celui qui sera ma charpente
Structure en os de bois sculpté bâtisseur de vérité
Nu de la tête mais surtout des pieds
De nez aux vivants qui ont peur de rêver et qui
Pour se rassurer ou s’oublier vident les verres à moitié pleins
De ceux qui aiment avec le courage qu’il faut
Pour aimer
Soyons ivres conseillait Victor Hugo ou était-ce Rimbaud
Beau de l’air oui, de cette grâce
A toi
La musique masse mes tympans
Du pied sur le temps
C’est sans conjuguer que je veux t’aimer
Car demain c’était hier et qu’est-ce que ça peut faire
Si aujourd’hui était tout ce qu’on avait
Pas d’autre vérité que ce moment
Ici
Et maintenant
L’amour joue avec le vent.
Bergeries de Soffin, fin juin 2019